L’association A.D.A.M. sur tous les fronts

L’association ADAM est la plus grande association du quartier des Moulins à Nice. Elle s’occupe de différentes façons du bien-être du quartier et de ses habitants. Nous avons eu la chance de rencontrer Marcel SARR, responsable du pôle médiation qui nous a présenté l’association dans son ensemble.

L’association existe depuis 1997 et a été fondée par Jean-Jacques BAILLON. Dans le quartier, elle se situait au bâtiment 40 avant de déménager dans les anciens locaux de la Mission Locale depuis 4 ou 5 ans. Elle est formée de 23 salariés et de centaines de bénévoles et de partenaires. L’association se compose de deux pôles : le pôle famille et le pôle médiation.

Le pôle famille
Comme son nom l’indique il s’occupe de tout ce qui est en rapport avec la famille : les parents et les enfants. Il se concentre sur la parentalité l’éducation, l’aide aux devoirs et l’animation.

Il y a un centre de loisirs et des activités périscolaires comme l’aide aux devoirs. Le centre de loisirs accueille chaque vacance entre 180 et 200 enfants et au niveau des adolescents ils sont limités à 48. Il y a des temps ludiques et culturels, des temps sportifs : «on ne fait pas que du football pur ou du handball pur, on essaie vraiment de réadapter et de travailler les valeur de motricité, de coopération, d’esprit d’équipe» nous dit l’animateur que nous avons rencontré.

Le pôle médiation
Il travaille  en relation avec les habitants et est composé de plusieurs actions comme la médiation de nuit et la médiation d’accès aux droits. En 2019 il ont aidé plus de 1900 personnes. Les habitants se rendent dans les locaux de l’association pour bénéficier des aides administratives. Car dans un quartier comme celui-ci où il y a beaucoup de mixité la langue est une barrière. C’est là que l’association intervient en prenant en charge les personnes qui ne maîtrisent pas la langue française.

A cela s’est ajouté une autre problématique : le numérique. Face à la dématérialisation des services publics, tout ce qui se faisait en guichet (permis de conduire, carte d’identité, carte vitale, carte de séjour, C.A.F…)  se fait maintenant sur internet. Et justement les personnes qui viennent d’autres pays ou qui ont des difficultés à accéder et à utiliser le numérique  bénéficient aussi d’un accompagnement avec l’association.

Il y a également l’accompagnement du conseil citoyen : « C’est un véritable laboratoire où la démocratie participative se met en œuvre ». Il y a 25 personnes qui y participent.

Le F.P.H (Fond Participatif des Habitants) est une somme d’argent comprise entre 2500 et 3000 euros mise à disposition par trois partenaires publiques (l’État, la Métropole et la C.A.F) qui permet aux habitants de mettre en œuvre de petits projets. Par exemple, il y a quelques années les habitants se sont rendu compte qu’il n’y avait pas de dispositifs mis en place pour les seniors. Ils sont donc allés  à leur rencontre pour les questionner sur ce qui leur ferait plaisir. Les seniors ont donc demandé un espace de rencontre où ils pourraient se retrouver une à deux fois par semaine pour discuter, jouer à des jeux de société et de passer le temps. L’association a donc proposé de leur prêter leurs locaux les mardis et jeudis. Après avoir présenté leur projet devant les trois partenaires et trois habitants une somme de 450 euros leur a été donnée pour qu’ils puissent investir dans des jeux de société. Il y a désormais 10 seniors qui se réunissent et qui parfois aussi organisent des sorties en extérieur.

Il y a aussi un nouveau projet qui s’appelle «médiation énergie» qui est en partenariat avec ENGIE qui sensibilise les habitants mais aussi les élèves de l’école primaire et du collège au sujet de la « transition écologique » et de la contribution des foyers à ce sujet. Cela leur permettra d’utiliser moins d’énergie et par conséquent de faire des économies.  Nous avons eu la chance de rencontrer Mélissa qui travaille à l’association en tant que médiatrice écocitoyenne qui sensibilise les gens : « Ils réfléchissent à comment agir à la maison et essaient d’adopter de petits écogestes. Et certains en adoptent déjà. Et pour les écoles le projet se mettra en place après les vacances de février.»

L’épicerie sociale et solidaire a également ouvert en octobre 2018 avec 90 foyers bénéficiaires en 2019. Les adhérents de cette épicerie peuvent aussi bénéficier d’un soutien pour leur orientation dans un emploi. Il y a donc un accompagnement alimentaire mais aussi un accompagnement à l’emploi. Il vont donc chercher dans le quartier «des jeunes et des moins jeunes pour les aider et les orienter avec notre réseau». Il y a 150 personnes qui bénéficient de cette aide à l’emploi.

La médiation de nuit est aussi très importante dans le quartier et existe depuis 2011 : «il y a eu un quartier avant médiation et après médiation».  Désormais il y a moins d’incivilités : « et à l’époque c’est ce qui nous a motivé à faire de la médiation de nuit. Ce qui est important dans la médiation c’est d’aller vers les gens. Le médiateur quand il va sortir il va dire bonjour aux gens. Ça commence de cette façon, par le respect des gens. Ainsi lors du premier contact, de la première parole les gens trouveront légitime que vous veniez leur parler car vous leur dites bonjour tous les jours. Mais si vous ne leur prêtez pas attention il est sûr qu’il ne vous écouteront pas car ils ne trouveront pas que vous êtes légitime».

Portrait de Marcel SARR
Lorsqu’il était étudiant en master 2 de sociologie, il lui fallait faire un stage de 6 mois : « je me suis dit que faire un stage dans un quartier comme les Moulins pouvait être très important par rapport à mes études, car c’est un quartier où il y a beaucoup de problématiques ».  Au début le directeur Jean-Jacques BAILLON ne comprenait pas ce à quoi pouvait servir un sociologue dans cette association : « Donc il a fallu que moi-même je crée mon poste ». Il a ainsi fait son stage en 2009 puis est devenu bénévole et quand le projet de médiation de nuit a été mis en place, il a été nommé coordinateur en 2011.

Il nous dit également : « Ma motivation c’est de travailler dans l’humain mais c’est de travailler aussi dans ce que j’aime et c’est surtout de rester dans ce à quoi mes études m’ont préparé. Je suis dans mon élément. Je serais ailleurs peut être que je ne serais pas heureux et que je ne serais pas productif ».

L’association est donc partout dans le quartier des Moulins, près des habitants, des familles, des seniors… Elle contribue au bien-être du quartier et est devenue indispensable dans la vie quotidienne aux Moulins.

Aurélie et Salma, Collège Jules Romains (Nice)

(Photo de une : le siège de l'association / crédit photo : DR)

                                                                               

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